Detective Rappa – vol.1 Fighting Woman [Shikou no rappasha, 2007]
Catégorie : FilmsAlors encore majoritairement étudiants, quatre amis forment en 2003 le collectif Shikou no rappasha afin de se soutenir mutuellement dans leurs travaux respectifs grâce à leurs compétences spécifiques. Le collectif est en effet formé d’un animateur, un marionnettiste, un artiste visuel et un réalisateur. Ils sont rejoints par un second réalisateur, producteur à ses heures, en 2006. Proposant divers travaux, du court au long métrage, ils se font rapidement connaitre et leurs films gagnent divers prix dans les festivals japonais et obtiennent des subventions du festival CO2. C’est d’ailleurs sur ce postulat que la première réalisation collective du groupe commence (1).
Le collectif Shikou no rappasha fait la présentation d’un de leurs films dans une université. A la fin, ils distribuent un questionnaire et une étudiante y laisse ses coordonnées en disant être intéressée par le métier. Les membres du collectif décident de la rencontrer pour lui présenter leur métier. Très vite, cette rencontre débouche sur une amitié. Jusqu’au jour où les bandes de la présentation à l’université disparaissent. Pourquoi ? tout semble mener vers l’étudiante, mais n’est plus joignable. Le collectif mène l’enquête.
Une chose est sure : les Shikou no rappasha sont des malins en ceci qu’ils arrivent sans peine à instaurer un vrai doute quant à la véracité de l’histoire. Car dès les premières secondes, Fighting Woman est présenté comme un documentaire sur le collectif. Présentation des membres, explication sur les objectifs du groupe et filmage d’une séance privée pour test screening d’un film financé par le festival CO2 et en phase finale de post-production. L’intrusion de la caméra est donc pleinement justifiée et le documentaire commence donc ainsi avant de lentement basculer vers de la pure fiction. Si il faut saluer l’écriture, c’est surtout le parti pris de réalisation qui participe pleinement à la perte de repère du spectateur, son questionnement sur la véracité ou non de ce qui est en train de se dérouler. En fait l’objectif de la caméra s’éloigne et se stabilise au fur et à mesure du métrage. Débutant en caméra portée, avec un cadrage approximatif pour souligner la prise sur le vif, les plans deviennent par la suite moins serrés, mieux cadrés jusqu’à ce qu’on réalise finalement que la personne portant la caméra n’est plus acteur de la scène mais juste un observateur comme dans un métrage de fiction traditionnel. Tout cela est d’autant plus drôle, à postériori, que le final du film se moque pleinement de ce procédé et parodie avec force son côté fictionnel.
Fighting Woman est donc bien un mockumentary, qui réussit brillamment son pari d’instaurer le flou sur la frontière mince entre docu et fiction. Il est cependant dommage que malgré ses 47 minutes le film paraisse un peu long dans son dénouement. Une jolie curiosité.
(1) La même année, MATSUNO Izumi fait partie des réalisateurs sélectionnés avec son film Yesterday Once More
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Detective Rappa – vol.1 Fighting Woman (喇叭探偵団 第一話 : 戦う女) aka rappa tanteidan dai ichi wa : tatakau onna
2007
Un film du collectif Shikou no rappasha (思考ノ喇叭社 aka Thinking Horn Company)
Avec : IRIGUHI Yuno, MATSUNO Izumi (松野泉), ITAKURA Yoshiyuki (板倉善之), NISHIMURA Hitoshi (西村仁志), MASUI Takanori (桝井孝則), IUCHI Natsumi (井内菜摘), MATSUNO Sei
1 Commentaire pour Detective Rappa – vol.1 Fighting Woman [Shikou no rappasha, 2007]
[...] En supplément de cette aide à la production, le festival CO2 dispense aussi des cours en ateliers spécifiques, dont les durées sont variables. Les ateliers dédiés à l’acting et au scénario s’étalent sur 2 à 3 mois, avec une partie pratique sur le terrain. Ceux sur la technique (photo, maquillage, montage) et l’analyse théorique du cinéma (histoire, critique) ne durent que quelques jours. Et CO2 propose enfin des ateliers spéciaux avec par exemple des conférences. Comme pour le comité de sélection des films, ces ateliers sont menés par des professionnels avec parmi eux Tomokia Kunihiko, bien sûr, mais aussi KUROSAWA Kiyoshi (pour les conférences), ITAKURA Yoshiyuki (du collectif Shikou no rappasha > voir article sur le film Fighting Woman). [...]