nihon-eiga.fr

Cinéma au soleil levant

[Interview] HASHIMOTO Naoki

 

Producteur depuis plus d’une vingtaine d’année via sa société Wilco Co Ltd (1), HASHIMOTO Naoki a choisi de passer à la réalisation avec Birthright (aka Saitai), un premier film surprenant et plutot radical dans sa forme et son contenu. Nihon-eiga.fr a pu avoir la chance de l’interviewer longuement (55’ au lieu des 20’ habituelles) lors de Deauville Asia 2011, et autant dire que le réalisateur fait montre d’un égo assez prononcé tout autant que courageux vis-à-vis de certaines idées et remarques sur la production cinematographique japonaise contemporaine. Compte rendu d’une interview avec un réalisateur très prometeur.

En présentant le film dans la salle du Festival vous avez insisté sur le fait que vous ne réalisiez bien qu’un film pour le cinema et non pas pour le marché vidéo ou la télé. Pourquoi ce préambule ?
Si on veut faire un film qui puisse supporter tous les différents formats de diffusion, salle, dvd, télévision, on perd forcément en qualité sur certains points techniques. Pour moi c’était important de faire un film qui soit vraiment adapté aux salles de cinéma, un film qui se regarde au cinéma afin par exemple d’avoir un une qualité de son optimale sans aucune perturbations extérieures.

Est-ce que justement Saitai a été, ou va être, diffusé en salle au Japon ?
Non Saitai n’a encore jamais été diffusé au Japon et très franchement ce n’est meme pas sur qu’il le soit un jour, même si à aujourd’hui il n’y a rien de totalement défini.

Saitai est votre premier film cinéma, mais vous êtes surtout producteur depuis plus de 20 ans. Pourquoi vous lancez vous maintenant dans la réalisation ?
C’est en effet mon premier long métrage mais j’ai déjà réalisé divers moyens métrages et des séries par le passé. Par conséquent, Saitai n’est pas, à proprement parler, ma première réalisation. Après en tant que producteur, avec ma société Wilco, j’ai effectivement travaillé avec des dizaines de réalisateurs mais je trouvais qu’aucun n’etait vraiment très intéressant. Du coup, je me suis dit que je pourrais moi aussi réaliser un long métrage et je me suis donc lancé dans l’aventure.

En tant que producteur, on a l’impression que vous avez justement bien choisi les films sur lesquels miser, certains étant plutot réputés ou ayant remporté divers prix à travers le monde. C’est donc etonnant de vous entendre dire ça sur les réalisateurs avec lesquels vous avez choisi de travailler.
Pour moi le fait qu’un film ait remporté un certain succès, ou ait eu une certaine notoriété et ait été primé en festival, ne veut pas forcément dire que le réalisateur est charismatique ou doué. Il y a effectivement beaucoup de films qui ont été appréciés mais qui pour autant n’ont pas été menés par des gens qui avaient l’envergure d’etre réalisateur. Un film se fait à plusieurs, c’est un travail d’équipe qu’il faut savoir gérer techniquement mais surtout humainement. Il y a enormément de jeunes qui entrent dans le milieu du cinéma car ils sont fascinés par ce role de réalisateur et aimerait en etre un à leur tour. Ils travaillent alors sur quelques tournages et se rendent compte que finalement ils n’en sont pas capables car justement le réalisateur doit etre avoir le charisme necessaire. Du coup un certain nombre de personne qui intègrent le milieu du cinema se disent qu’ils ne peuvent pas etre réalisateurs et finalement ils vont travailler soit à la prise du vue, au son…. Au final cela crée un équilibre necessaire. Il se trouve que sur certains films que j’ai produits et qui ont été primés en Festival, il y a des réalisateurs que moi je n’ai pas trouvé forcément dignes d’etre à cette place là. Et à l’inverse il y a d’autres films qui n’ont pas été récompensés ou n’ont pas eu de reconnaissance commerciale qui avaient dans leur équipe un réalisateur tout à fait brillant. L’important en fait pour un réalisateur n’est pas de seulement dire les choses, il faut savoir s’adapter à toutes les situations, s’engager au maximum et prendre parti dans le projet dans son intégralité.

Effectivement sur Saitai vous avez pris part à plusieurs postes clés (réalisation, scénario, production). Mais pourquoi prendre le risque de donner vie à ce projet alors que vous etes parfaitement conscient que le film ne sera pas diffusé au Japon, et de façon limité à travers le monde le temps de quelques festivals ?
L’industrie japonaise du cinéma, de nos jours en tous cas, est devenue résolumment commerciale. Aujourd’hui l’important pour un film c’est d’etre vu, certes, mais avant tout c’est de rapporter de l’argent, de rembourser les frais engagés pour la production. Bien sur ça a toujours été comme ça, et il est important que ces films là existent, que le grand divertissement existe. Mais il faut aussi qu’il y ait  sous l’appelation cinema une autre catégorie, celle des films indépendants qui existent grace à un réalisateur qui au meme titre qu’un artiste plasticien ou musicien peut etre assimilé à un homme de culture. C’est-à-dire qu’il ne soit pas forcément là pour faire des affaires mais pour créer un bien culturel qui laissera une trace. Du coup en tant que producteur et réalisateur j’ai eu envie de contribuer à ce genre de cinéma indépendant plutot qu’à la grande industrie cinematographique ; en me disant est ce que pour ce qu’il me reste à vivre – je pense que je suis à peu pres à la moitié de ma vie – j’ai envie de me faire engloutir par la machine commerciale ? Je pense que la réponse est non, j’ai donc eu envie de me battre surtout que je prends du plaisir dans cette voie.

Quel a été le budget du film, les conditions de tournage et quels sont les obstacles que vous avez du surmonter pour arriver à le terminer ?
Avant de donner des chiffres précis, je tiens à dire que ça a été effectivement difficile de réunir l’argent nécessaire à la production de Saitai, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord il faut savoir que je suis toujours sceptique quand je vois un réalisateur qui décide d’adapter un film ou une série déjà existante et qui profite de la renommée de certains acteurs ou actrices pour faire la promotion de leur film. Je suis sur qu’on peut bien sur travailler autrement. En tant que réalisateur et artiste j’ai une certaine fierté et du coup c’est important pour moi de travailler sur un scénario original et avec des acteurs qui ne sont pas forcément connus mais qui ont du talent. J’ai d’ailleurs fait une audition pour recruter mes comédiens. Et rien que ces conditions, scenario original et acteurs peu connus, font qu’au départ c’est difficile d’obtenir des subventions et des aides financieres. C’est donc ensuite réellement difficile de trouver les fonds et Saitai est presque un film autoproduit que j’ai mené de bout en bout en faisant attention à la moindre dépense et économie potentielle. Le film a finalement été tourné en 13 jours avec un budget aux alentours de 23 millions de Yen (environ 200000 Euros).

Je n’ai pas encore eu l’occasion de regarder votre réalisation précédente, Kimi to Aruita Michi, mais le film semble déjà être une histoire de liens familiaux et d’une jeune fille un peu perdue. Est-ce un sujet qui vous tient à cœur ?
Que cela soit avec Kimi to Aruita Michi, Saitai ou des œuvres précédentes, j’ai effectivement travaillé sur des projets qui pour beaucoup d’entre eux ont pour des enfants ou adolescents comme personnages principaux. Après ce n’est pas forcément un sujet sur lequel je veux me spécialiser mais oui au final l’enfance est un sujet qui revient souvent. C’est peut etre parce que j’aime les enfants. (…rire…)
Mais peut etre plus que l’enfance, il y a surtout des projets sur lesquels je travaille ou sur lesquels j’ai travaillé qui mettent en scene des personnages, garçon ou fille, qui viennent de milieu défavorisé ou qui n’ont pas été très chanceux dans leur jeune vie. Au Japon, je pense qu’il y a de plus en plus de jeunes comme cela. Mais la plupart entrent dans une sorte de rebellion un peu vaine, stérile. Moi je ne m’interresse pas tellement à ceux là mais vraiment à ceux qui sont tellement défavorisés qu’ils n’ont pas le temps de se rebeller car ils doivent se battre pour survivre. Leurs profils m’interessent, et me touchent, bien plus que ceux des jeunes qui sont au final juste insatisfaits mais ne sont pour autant en danger.

En réalisant Saitai vous avez fait deux choix narratifs assez arides : peu de dialogues et des longs plans fixes. Pourquoi cette orientation ?
Pour ce qui est des dialogues ils sont peu nombreux comme vous l’avez remarqué, mais ce n’etait pas entierement volontaire. Je ne me suis pas dit lors de l’écriture que j’allais faire un film sans beaucoup de dialogues. Par contre ce que j’ai voulu c’est justement réduire les dialogues dans les moments qui sont proches de l’intrigue et au contraire laisser les conversations sur les moments plus anecdotiques du film comme lorsque le chien rentre dans le jardin ou que la jeune fille parle de l’université avec ses parents. Et au final les conversations non essentielles sont plus bavardes que celles necessaires au squelette du film. Je dois aussi vous dire que pour moi, les dialogues sont cruciaux dans les films et le fait de mettre trop de dialogues tue finalement le dialogue. En fait à trop parler, un film perd généralement sur le coté percutant des répliques importantes. Et c’est le meme principe pour les sons. Dans un film tres sonore il est plus difficile de percevoir un son particulier meme si il est important. C’est aussi pourquoi j’ai amenagé de longues plages de silence, sans dialogues ni musiques, avec juste les bruits. Quant au montage du film c’est encore exactement le meme principe. Effectivement moi aussi je pourrais couper, monter de façon plus serrée et rapprochée les plans les uns avec les autres. Je sais le faire. Cependant dans Saitai je voulai avant tout préserver la tension et faire de longs plans permettait justement ce rendu contrairement à ce que donne un montage plus cut. Dans l’environnement du film, une piece fermée et sombre, le montage que j’ai choisi permet, je pense, de mieux faire monter la nervosité.

En absence de dialogues, le jeu de vos actrices était clairement la clé d’une grosse partie de la réussite de votre projet. Comment les avez-vous choisies et quelles ont été pour elles les conditions de tournage car vous avez dit, lors de la présentation du film, les avoir poussé à bout ?
Comme je le disais tout l’heure, j’ai procédé au choix des actrices par audtions directes. Ce qui est une méthode peu utlisée dans le milieu du cinéma japonais, car je n’ai pas démarché les Talent Agency (2) et ce sont les actrices qui sont venues vers moi pour le casting. Meme si je dois avouer que parmi elles, et c’est finalement celle que j’ai retenu pour le role de la jeune Ayano, il y avait une jeune actrice qui avait joué dans un de mes précédents films et que j’ai rappelé pour savoir ce qu’elle était devenue et savoir si elle était d’accord pour tenter les auditions. Concernant maintenant la direction d’acteur, il y a certaines choses qui sont tres importantes pour moi en tant que réalisateurs, des choses que j’ai eues l’occasion d’expérimenter quand j’avais le role de producteur, comme créer un environnement qui permet aux acteurs de s’épanouir. Je tiens à créer les conditions les plus propices à ce que le jeu se developpe. Dans Saitai il se trouve que c’etait un film où les personnages sont privés de nourriture et d’eau dans une piece close. Alors effectivement j’ai fait le maximum pour que les deux actrices restent enfermées sur la durée du tournage, et pour qu’elles se nourrissent peu. Je ne leur par contre jamais dit de se priver de nourriture, le plus important étant évidemment qu’elles prennent soin de leur santé avant tout. En fait je leur ai demandé d’aller le plus loin vers leurs limites, mais que dès que ça pouvait devenir critique elle devait absolument me le dire. Cela peut paraître dur, mais auraient-elles pu jouer de la meme manière, avec autant d’intensité et de réalisme, si elles étaient arrivées sur le tournage chaque matin en ayant mangé, dormi et en étant bien lavées ? Je ne pense pas. Pour moi cette mise en condition fait partie intrégrante de la préparation au role et du métier de comédien. Je ne pense pas leur avoir infligé d’atroces sévices, et je leur ai seulement demandé de faire leur travail. Je ne suis pas un réalisateur cruel.

Une question peut être bizarre : l’image du film est très légèrement bleutée, et c’est une caractéristique qu’on retrouve souvent dans les films indépendants. Alors est ce que ça vient de la pellicule ou de problématiques techniques liées aux conditions de tournage et matériel ?
Ah… pour ce qui est de l’aspect bleuté de l’image ça ne m’a pas vraiment frappé. Par contre, et c’est surement une explication valable à votre impression, Saitai se déroule quasi spécifiquement dans seule pièce qui est normalement très sombre, sans entrée de lumière naturelle à part quelques filets de lumière filtrant sous les portes. Il a alors fallu trouver l’éclairage minimal pour que les actrices, leurs visages, mouvements et expressions puissent etre visible à l’image sans que cela ne dénature l’ambiance particulière du lieu, qui était essentielle au film. Techniquement ça été très difficile de faire coincider ces deux exigences. On a tourné avec une caméra 16mm et ce type de caméra a un grain qui se retrouve peut etre renforcé étant donné le type d’éclairage. On aurait pu utiliser une caméra numérique, plus sensible, qui aurait pu mieux détecter les visages mais je ne voulais pas que l’image soit trop crue, trop lisse. Au contraire le 16mm laissait des zones d’ombres et du grain, et cela m’allait parfaitement même si cela m’a causé des contraintes pour l’éclairage. C’est un film qu’on ne peut par contre pas transformer pour une diffusion en videoprojection, car cela accenturaient trop le grain et le rendrait difficile à voir. A Deauville vous l’avez vu dans un format classique de 35mm. Au final Saitai a été un des projets les plus techniquement difficiles sur lesquels j’ai eu à travailler.

Les crédits au générique sont à la fois en en japonais et en anglais, ce qui est une chose extremement rare dans les films japonais. Peut on en déduire que le film va être diffusé à l’international ? Ou alors peut etre une partie des crédits de productions viennent de capitaux étrangers ?
Je ne sais pas si mon film va etre distribué dans un pays ou un autre, en dehors du cadre de certains festivals. Mais effectivement on a tout de suite pensé à la diffusion à l’étranger lors de la production, et mettre de l’anglais au générique s’est imposé comme une évidence. Il existe aussi une seconde raison, qui est à moitié une plaisanterie mais qui est néanmoins vraie. En fait pour le générique je savais quelle musique utiliser. Mais l’équipe du film était tellement réduite que sur la durée de cette chanson, il y aurait eu des vides dans le défilement des crédits. Alors faire une seconde ligne en anglais a permis de remplir ce générique (…rire…)

Quels sont vos prochains projets ?
J’ai des projets qui sont déjà écrits et qui sont antérieurs à Saitai. Par contre ces projets nécessitent plus de moyens financiers que ce dernier. A vrai dire je considère Saitai une première étape qui permet de me faire connaître avant de prétendre à des films de plus grande envergure, une sorte de carte de visite. Pour Saitai, le sujet ne m’interessait pas forcément à l’origine, mais l’enfermement s’est imposé lors de l’écriture quand j’ai pensé à toutes les contraintes techniques et financières auxquelles je devrais répondre. C’est un film pensé en fonction de ses contraintes. Je n’ai pas lutté contre ces dernieres durant le tournage, car le scénario y était adapté en tout point. J’espère vraiment qu’avec ce film je vais bientôt pouvoir mettre en œuvre d’autres projets.

Allez-vous laisser votre métier de réalisateur l’emporter sur votre métier de producteur ?
J’aimerai bien être seulement réalisateur, mais il se trouve que je dois faire vivre ma société de production. Et cela m’empeche bien sur de me consacrer à 100% à la réalisation. J’ai hate de pouvoir confier ma société à un plus jeune que moi. D’ailleurs on parlant de ça, avez-vous Sketches of Kaitan qui est aussi diffusé en compétition ?

Non. Je n’ai pas eu le temps. Mais je sais que c’est vous qui produisez le film. Cela vous laisse donc deux chances d’avoir un prix dimanche soir. C’est plutot bien vu !
(…rire…) Je ne suis pas vraiment impliqué dans ce film, car je n’en suis pas producteur exécutif et j’ai seulement passé mon temps à vérifier les dépenses du film.

Justement Sketches of Kaitan City a l’air d’etre un film doté d’un budget assez conséquent, ne serait ce que par la présence de quelques acteurs connus.
Oui, le film a un budget plus élevé que Saitan. Mais il faut par exemple savoir que la moitié du budget provient d’une collecte auprès de la population locale de la ville de Hakodate où se déroule le film ce qui fait que la part prise en charge par ma socitété de production est juste légèrement plus élévée que le budget de Saitan. Le film est par conséquent plus ambitieux. Le réalisateur a entre autres bénéficié de 5 semaines de tournage. D’ailleurs à l’origine, et c’est là que mon poste de producteur trouve sa pleine mesure, le réalisateur voulait un peu trop de chose : 5 semaines de tournages, caméra 16mm, acteurs connus etc…. En tant que producteur controlant le budget, je lui ai dit qu’il n’aurait pas tout cela. On a alors un peu marchandé, ce qui fait que finalement il a préféré assurer ses conditions techniques de tournage, et a renié sur le coté acteurs. A coté de quelques acteurs connus, il a donc fait appel à des amateurs trouvés sur place.

Et le réalisateur de Sketches of Kaitan City (3), selon vos critères, vous le classez dans les bons ou mauvais réalisateurs ?
(…rire – un peu géné – …) Ce qui me plait chez lui c’est qu’il n’a pas seulement recours à la technicité de façade, souvent utilisée de nos jours à l’ère du clip et du montage rapide, mais il a plutôt la volonté de filmer les gens de façon touchante et simple. Lui et moi nous n’avons pas du tout le même parcours. J’ai commencé par être producteur pendant 20 ans, tandis que lui a tout de suite commencer à réaliser des films en sortant de la fac. Mais quand je vois ses films je me dis qu’on a à peu prêt la même sensibilité. J’en ai cependant jamais vraiment discuté avec lui de façon précise.

Quels retours et échos avez vous sur la réception de Saitai par le public de Deauville Asia ?
Je suis allé à chaque projection, et j’ai été heureux de rencontrer le public en fin de séance, qui venait spontanément me dire qu’ils avaient aimé mon film. J’ai même été surpris de constater que tout genre de public appréciait Saitai dont des personnes âgées par exemple. Par contre comme je ne suis pas allé aux projections d’autres film, je ne peux pas comparer l’accueil de Saitai à celui des autres films. Néanmoins si je compare avec d’autres festival où le film a été projeté, j’ai l’impression que c’est à Deauville que Saitai a été le mieux reçu par le public.

On arrive à la fin de l’interview. Avez quelque chose à rajouter ?
Oui. Est ce que vous pensez qu’un film comme le mien pourrait etre distribué et diffusé en salle en France ?

Le cinéma asiatique n’est pas réellement bien distribué en France, où on n’a que quelques auteurs reconnus ainsi que de rares blockbusters, mais de manière générale c’est difficile pour un film asiatique / japonais de trouver une diffusion en France. Surtout qu’à titre personnel je trouve Saitai très japonais dans son style et sa forme, trop pour vraiment trouver un public. Non, clairement, je ne vois pas Saitai être diffusé dans le circuit cinéma ici.
Sur le fond je en fait d’accord avec vous. J’ai déjà discuté de cette question lors de diverses rencontres au cours des jours précédents et je me suis renseigné sur les conditions de diffusion du cinéma japonais en France. Je me suis bien rendu compte que c’est difficile, mais je pense qu’il ne faut pas renoncer à tenter de s’engouffrer dans la brèche et s’approprier de petits espaces qui son libres. Par exemple répondre à des interviews comme celle ci est quelque chose d’important pour moi. Je ne vous demanderai pas de dire du bien du film, mais par contre pouvez vous dire que des productions indépendantes existent au Japon, des productions comme mon film. Ca serait déjà un grand coup de pouce.

C’est un des buts du site que de parler de la part mal visible du cinema japonais. Et comme j’ai aimé votre film, comptez sur moi pour en parler le plus possible.

Je vous remercie pour l’interview
Merci à vous

(1) Wilco Co Ltd
(2) voir à ce sujet une partie de l’interview de MITSUISHI Ken
(3) KUMAKIRI Kazuyoshi (熊切和嘉), réalisateur de Hole in the Sky ou Antenna (entre autres bonnes choses)

Interview réalisée le 13/03/11 au CID de Deauville pendant le Festival Deauville Asia
Merci à Hashimoto Naoki (橋本直樹)
ainsi qu’à Léa Le Dimna pour la traduction et Clément du Public Systeme pour l’organisation de la rencontre

10 commentaires à propos de “[Interview] HASHIMOTO Naoki”

  1. Martin says:

    Excellent! (sans faire le leche cul). Un bon creneau et de bonnes question .. voila le résultat ! J’adore l’anecdote sur le générique final (et sur la bouffe) :D Et la dernière question est très parlante quant à l’isolement des indés qui ne trouvent aucun écho en France, même pour des festivals.

    23milllion de yen me semble un budget plutot confortable par contre (Guilty of Romance étant de .. 2! .. à moins qu’ils se soient gourés dans les chiffres).

    Par contre .. c’est Satoshi Miki qu’il griffe un peu au début? (sa fiche imdb est pas très complete ..)

  2. Martin says:

    Sympa aussi celle de Junta, on sent comme une legère tension dans les échanges ^^
    http://www.cinemasie.com/fr/fiche/dossier/445/
    et il remet bien le couvert le bougre:
    Doit-on en conclure que les ecchymoses sur les genoux de Mlle Miyagu sont réelles ?
    Au final c’est quoi le plus difficile, donner ou recevoir des coups ?

  3. Guillaume says:

    200000 Euros ca me semble quand meme assez faible comme budget pourtant. Guilty of romance avec 10 fois moins je ne vois pas comment ils ont fait…
    Sinon c’est clair que ça fait du bien d’avoir quasi une heure. Dans le créneau habituel on ne fait rien de probant je trouve. En plus ce n’est pas un exercice que je fais souvent et il me faut un temps de chauffe. Les années précédentes j’avais tendance à démarrer quand le Public Systeme me coupait :D Là j’etais bien, surtout qu’il s’est révélé bavard, que Léa est une bonne traductrice (en plus elle parle francais contrairement à certains autres traducteurs qui sont vraiment limites). J’ai adoré aborder quelques points techniques, ca change du blabla habituel. Pourtant j’y connais que dalle en technique cinema, à part des bases en format et montage, mais là ca m’a fait plaisir qu’on me parle 16mm, choix sonores, lumières…..

  4. Martin says:

    Je comprends pas trop par contre … il a été tourné en 16mm, il dit qu’on peut pas le gonfler (en 35mm donc?) .. et que la version Deauville est du 35mm? (vive le grain au passage!). Il a assisté à aucune autre séance d’ailleurs, c’est dire comment tu as dû sauver la face du PublicSysteme pour le coup .. il aurait rien foutu de son dimanche! Par contre junta a du avoir que 20minutes et passer le vendredi/samedi. Perso, je fais plus aucune itw qui fait moins de 45 min, on fait rien de propre en dessous.

    Pour le budget, faudrait revoir l’interview Atsuko Ohno que j’avais faite pour Ecran d’asie (mais le pdf m’en décourage …), elle parlait des deux profils budgets typiques (qlq chose comme 40 millions ou 5 de mémoire .. du coup lui est au milieu, il a surement economiser pour gonfler son premier film, et s’offrir une baston d’idoru ^^)

  5. Martin says:

    >C’est un film qu’on ne peut par contre pas transformer pour une diffusion en videoprojection, car cela accenturaient trop le grain et le rendrait difficile à voir. A Deauville vous l’avez vu dans un format classique de 35mm.

    Par videoprojection il doit vouloir parler de passage en digibeta en fait. le gonflage en 35mm étant apparement plus naturel, car restant “analogique” et n’incluant pas de numérisation (voir Crazy thunder Road par exemple gonflé de 16 en 35 mm). Ce qui fait me demander si on a un média numérique a même de bien restituer le grain 16mm; et si la résolution elevée de la “norme” Bluray est tellement un avantage au final (le bruit numérique, cet ennemi!)

  6. Guillaume says:

    le Bluray et les diffuseurs HD sont l’ennemi des films 16mm, et des films un peu anciens, qui ne sont pas restaurés numériquement. Je pense vraiment qu’avec cette nouvelle étape des formats numériques, on va perdre des films en route et que certaines oeuvres et certains supports resteront l’apanage de collectionneurs.

    Sinon le passage 16 à 35mm pour moi ne cause pas de vrai souci. Enfin j’y connais pas grand chose, mais dans mon esprit c’est un changement de format facile et plutot commun. Mais oui la numérisation doit par contre accentuer le grain de façon exponentielle (alors que le grain est maintenant un argument artistique sur des films 100% numériques, y’a qu’a voir 300)

  7. [...] À lire, un entretien avec le réalisateur [...]

  8. [...] Birthright, a title to keep somewhere in your head? More details to be found in this french interview. [...]

  9. [...] Birthright, un titre à garder en tête ? Plus de détails sur ce projet dans cet entretien. [...]

  10. [...] Birthright is (finally) coming out in Japan on June 16, 2012 – the film has spent almost two years in distribution limbo! More details to be found in this french interview. [...]

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>