[Interview] KAGURAZAKA Megumi

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Muse de Sono Sion depuis Cold Fish, et à première vue future épouse de celui ci, KAGURAZAKA Megumi ne peut laisser indifférent. Ne serait ce que par son magnifique physique qu’elle n’a aucun complexe à exposer. Mais cet aspect disparait rapidement puisqu’elle se révèle finalement être une actrice assez sobre et charismatique. Petit compte rendu d’une interview express lors du Festival Kinotayo de 2011, qui pêche cependant par des réponses convenues et orientées vers le film dont elle vient faire la promo (Guilty of Romance)

Quand on a lu votre nom au générique de Cold Fish en 2010, on vous connaissait surtout en tant que model. Comment s’est passé la rencontre avec Sono Sion et pourquoi vous a-t-il choisi ?
Je l’avais déjà rencontré précédemment pour un projet qui n’a pas vu le jour. Quand on s’est recroisé, il m’a annoncé qu’il voulait que joue dans deux de ces films. Je n’y croyais pas, mais ça c’est effectivement fait comme cela. J’aimais déjà beaucoup ses films et j’étais donc très motivée. C’est peut-être pour ça pour qu’il m’a choisi.

En connaissant donc ses films et ses thématiques (violence, sexe), vous n’avez pas eu d’hésitations ?
Je trouve que les films de Sono Sion ont finalement quelque chose en commun avec les films de l’âge d’or car ils arrivent à décrire la vraie vie des japonais, leur quotidien. Il y a peut-être des gens qui sont choqués par ses films, mais moi je n’ai pas cette impression de violence en les regardant.

Quand il vous a proposé de tourner pour lui, il vous a proposé un rôle et un scénario ou vous avez accepté sans savoir ce que vous tourneriez ?
Effectivement, il m’a juste proposé d’être actrice dans ses films. C’est tout. Mais j’avais confiance dans les rôles qu’il me proposerait ensuite.

Quel genre de directeur d’acteur est-il ?
Cela dépend de l’acteur. Avec moi, il met beaucoup de pression. Mais je trouve aussi, dans un sens, qu’il est paternaliste. En fait il doit avoir beaucoup d’affection pour moi, et fait donc tout son possible pour que je donne mon maximum.

Combien de temps avant les tournages avez-vous les scénarios et comment vous préparez vous pour les rôles ?
Pour Cold Fish j’ai eu le scénario 1 mois avant le tournage. Et en ce qui concerne Guilty of Romance, Sono Sion m’a parlé du personnage bien avant que je ne le reçoive, ce qui m’a permis de préparer. Mais plus que me préparer, Sono Sion m’a surtout demandé de me connaitre moi-même et de me servir de mes expériences et sentiments, et d’ensuite connecter cela avec le personnages du scénario.

Même pour un personnage comme celui de Guilty of romance, et ses différentes facettes, vous ne vous préparez pas ?
En fait le personnage d’Izumi me ressemble et je pense que Sono Sio a du s’inspirer de ce qu’il connaissait de ma vie pour l’écrire. Ce qui fait que ça a été assez facile d’entrer dans le personnage. Et pendant les répétitions et le tournage je n’avais pas besoin de jouer, j’étais Izumi.

Que pensez vous de la vision de la famille par Sono Sion et plus spécialement le père ?
Chez lui tous les membres de la famille sont destructeurs. Et le père ne l’est pas plus que les autres.

Avant Cold Fish vous avez tourné dans divers dtv. Est-ce que c’était des rôles en marge de votre carrière de model, ou vous aviez déjà quitté ce milieu pour vous diriger dans le milieu du cinéma ?
Oui c’est un choix de me tourner vers le cinéma. Quand j’étais mannequin, je suivais des cours d’acting. J’ai d’ailleurs toujours été attiré par le cinéma. Vous savez en tant que mannequin, vous devez toujours sourire quelque soient vos émotions du moment, ce n’est pas du tout naturel. Et c’est le fait de pouvoir montrer mes émotions que j’ai trouvé attirant dans le métier d’actrice.

Pourquoi ne pas avoir essayé le cinéma dès le départ ?
Au départ je pensais que je ne pourrais jamais devenir actrice. Je ne connaissais personne dans le milieu. Un jour j’ai été repérée dans le rue et on m’a proposé de poser pour des photos. A l’époque j’étais très complexée vis-à-vis de mon physique, mon apparence. Et dans le mannequinat tout le monde me disait que j’étais belle, et me faisait des compliments. Ça m’a aidé à perdre mes complexes et oser me lancer vers une carrière d’actrice.

Vous avez surtout fait des photos dénudées. Vous n’avez pas craint de vous faire enfermer dans un type particulier de cinéma à cause de ça ?
Oui effectivement j’ai souvent posé nue comme model. Mais c’était un choix pleinement assumé et je savais ce que je faisais et quels incidences ça pourrait avoir sur la carrière d’actrice que je visais. J’avais confiance et j’avais le choix d’accepter ou non si on me proposait ce genre de films. Mais si le film et le rôle nécessitent vraiment des scènes de nues, je sais que je n’ai pas de problème à les tourner. Et il faut également un climat de confiance entre le réalisateur et moi.

Dans les deux films de Sono Sion, vous jouez des trentenaires, un type de rôle rare dans le cinéma japonais contemporain. Que pensez-vous de cette carence ?
Je pense que beaucoup de films japonais n’essaient pas de présenter la réalité, et n’osent pas montrer la vraie vie des japonais, leurs problèmes. La mentalité change un peu, mais c’est surement pour cela que Guilty of Romance peut être vu comme un film choquant. D’ailleurs le film est sorti au Japon voilà une dizaine de jours et il a du succès, preuve qu’un déclic existe peut-être.

C’est donc le premier film de Sono Sion qui fonctionne au Japon, où il a souvent été mis de côté à cause de ses thématiques ?
(Kagurazaka megumi se tourne vers l’Agent de Sono Sion, qui assiste, en retrait, à l’interview et lui parle) Non, Ce n’est pas son premier succès. Ses films fonctionnent en fait depuis Love Exposure. Comme je vous le disais j’ai l’impression que les japonais sont en train de changer de point de vue vis-à-vis des films où on parle de sujets forts et qui peuvent choquer comme Guilty of Romance.

C’est une sorte de retour vers les films des années 50 où les femmes étaient mises en avant et surtout présentées comme des personnages forts.
Beaucoup de gens me parlent du film Nuages Flottants et du personnage de TAKAMINE Hideko comme référence à Izumi, mon personnage de Guilty of Romance. Et de manière générale beaucoup de gens voient des points communs entre ce film et ceux des années 50 au Japon comme vous le dites. Moi-même j’aime beaucoup les films de cette époque et c’est peut être bien le retour de ces figures de femmes fortes en ce moment au Japon alors qu’elles ont été un temps mal considérées dans les films. Ou du moins plus aussi mises en avant que dans les films, comme ceux de Mizoguchi.

Avec le succès international de Cold Fish et Guilty of Romance, avez vous des propositions de scénarios d’autres réalisateurs ?
Je n’ai pas plus de propositions qu’avant, mais la qualité de ses propositions a changé. Je reçois de meilleures offres, et je ne reçois plus trop de scénarios étranges (1) comme avant.

Avez vous projets finalisés dont vous pouvez parler ?
Je vais bien évidemment jouer dans le prochain film de Sono Sion mais je ne peux pas en dire plus.

 

(1) terme poli tout à fait japonais dans l’esprit pour désigner les productions dtv bikini-esque dans lesquelles elle tournait précédemment

Interview réalisée le 28/11/11 dans le cadre du Festival Kinotayo
Merci à KAGURAZAKA Megumi (神楽坂恵) pour sa disponibilité
ainsi qu’à KOBAYASHI Megumi pour la traduction, sans oublier Lucie Chabert pour l’organisation et l’accueil

 

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4 Commentaires pour [Interview] KAGURAZAKA Megumi
  1. I.D. says:

    Sympa à lire cette p’tite interview, bien qu’effectivement les réponses soient convenues. Dans tout les cas, merci pour ton boulot. Et à part ça, elle est comment Megumi ? ;)

  2. Guillaume says:

    très belle fille, avec des arguments physiques hypnotisants. (Je parle de ses yeux et de son sourire, hein !) D’ailleurs elle a caché ces arguments avec une petite robe sobre et sage de très bon gout.
    (bon par contre les interviews d’acteurs c’est quand meme moins passionnant que celles des réa’, surtout quand leur carriere se résume à pas bcp de films et le fait d’etre la femme-muse du realisateur. Nao Omori, Tomorowo, Kase Ryo ou meme Mitsuishi l’année derniere c’est d’un autre niveau)

  3. ugoboss says:

    Voici un lien pour un autre entretien avec Megumi Kagurazaka qui a eu lieu le même jour. Les réponses sont assez complémentaires !

    http://uppercult.fr/2011/11/interview-avec-megumi-kagurazaka/

    Effectivement, d’après ce que j’ai lu ici et là, “Guilty of Romance” semble être le premier vrai succès commercial de Sono Sion au Japon… “Love Exposure”, c’était quand même pas ça malgré un bon bouche à oreille international.

  4. Guillaume says:

    En 2010 Sono avait déclaré en avoir pas grand chose à faire d’un éventuel succès au Japon, et était plutôt conscient d’être snobé dans son pays (voir interview sur hkmania). C’était après la reconnaissance internationale de Love Exposure, donc je ne suis pas franchement certain que ce dernier est fonctionné au Japon (enfin quand je dis Japon, autant dire Tokyo, 1 ou 2 salles et peut être un passage éclair sur Osaka). Cold Fish est quant à lui réalisé dans un cadre productif purement tourné vers l’export mais a eu le droit à une sortie cinéma (même hors Tokyo). Il y a donc de l’amélioration et avec le succès international grandissant, ça ne m’étonne pas finalement que ça commence à fonctionner au Japon. (mais je suis tjs méfiant quand c’est une attaché de presse / agent qui donne des chiffres)

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